La Clarté du Pouvoir

Le pouvoir, c’est la capacité de faire adopter par un agent un comportement désiré.

Chaque agent adopte un comportement à la suite d’un processus en trois étapes: l’étape informative,
décisionnelle, et exécutive.

3 outils (ou capitaux) sont utilisés pour influencer les décisions: la violence, l’argent, l’attention. C’est la Triforce,

Les 3 outils du pouvoir affectent les désirs et les peurs des agents, qui
affectent les décisions, qui déterminent les actions, et donc les comportements.

Le pouvoir médiatique, par l’attention, tirent sur les peurs et les désirs des agents avec les ficelles des raisonnements fallacieux. Il est possible de tirer sur ces ficelles avec des raisonnements valides et harmonieux, comme je souhaite le faire au Primidi.

Media ≈ Religion

Ou l’art de charcuter le réel

Comme un fin scalpel, les mots servent à déconstruire, diviser la réalité, avec justice, en suivant les courbes naturelles des muscles et des tendons de l’animal conceptuel que nous sommes en train d’essayer de comprendre.

Parfois, les mots, comme une hachette sauvage, charcutent la réalité n’importe comment, et alors, on ne comprend rien.

Imaginez que soit disposée sur une table en bois une pomme jaune a points orangés. Et une pomme rouge. Et une pomme verte.

Une pomme représente les grandes religions monothéistes, une autre pomme représente les grands médias traditionnels, et une autre pomme représente les nouveaux grands médias (Google, Facebook).

Une personne est assise devant les pommes. Je suis assis devant cette personne. Je lui dis: voici trois pommes.

Elle me dit avec verve: « Mais non, ce sont trois choses totalement différentes! Regarde la couleur de celle-ci, et de celle-là! Ça n’a rien à voir!»

Cet exemple s’inspire de la réalité. Lorsque j’expliquais à une amie que médias et religions étaient essentiellement la même chose, elle est grimpée dans les rideaux comme si j’étais un hérétique inculte qui ne comprenait rien aux réalités de ce monde. J’avais beau essayer de lui expliquer, elle était totalement empêtrée dans les mots, et nous n’avons pas réussi à communiquer. Pourtant, je ne suis pas la première personne à constater les similitudes entre la dynamique religieuse et la dynamique médiatique. J’aurais aimé, ce soir-là, avoir trois pommes à ma disposition. Bien sûr, le jaune, le rouge, le vert, sont des couleurs totalement différentes. On pourrait écrire plusieurs thèses de doctorat sur les motifs de points orangés sur la pomme jaune, et les comparer au lustre luisant de la pomme verte. Mais on s’en fout! Une pomme, ça goûte la pomme, ça pousse dans un pommier. C’est la chaire qui est importante, la substantifique moelle!

Tout dépend de l’angle d’analyse de la réalité. Si on s’attarde aux couleurs, bien sûr ces trois pommes sont complètement différentes. Mais si on s’attarde à la forme, à la saveur, à son origine, eh bien ces trois pommes sont essentiellement une seule et même réalité, sous diverses couleurs et teintes superficielles.

C’est pourquoi je hais certains mots, comme marxisme, capitalisme, mercantilisme. Ce sont des mots qui créent des divisions inutiles. Un peu comme les frontières des pays africains, tracées expressément par les Européens pour diviser la population locale, en charcutant à la hache une frontière en plein milieu d’un peuple, le divisant en deux pays, ou en englobant dans une même nation trois ou quatre peuples différents. Ces divisions créent la confusion.

Ici, nous souhaitons tracer des frontières claires et rationnelles, très simples, qui amèneront clarté et compréhension.

C’est une habitude vraiment malsaine, pour certains intellectuels de bas étage, d’utiliser des mots très alambiqués pour charcuter la réalité. J’ai en tête l’exemple d’un sociologue qui, dans un journal national, décrivait un phénomène en utilisant le terme lumpenprolétariat. Essentiellement, ce mot signifie : les marginaux. Les mots bien compliqués cachent souvent une assise conceptuelle bien peu solide.

Aussi, certains croient que plus un texte est difficile à comprendre, que plus un texte exige d’effort de la part du lecteur, que plus ce texte est intelligent. Cette croyance est en partie associée à la valeur que nous accordons à l’effort, qui est un moyen, et non une fin. Je diverge un peu, peut-être.

En bref, je crois que plus un texte est simple et facile à comprendre – donc, intelligible – plus il est intelligent.

Mais revenons à nos trois pommes et à leurs étincelantes couleurs. Ce qu’il y a d’embêtant avec cette métaphore, c’est que la réalité est moins palpable que les pommes. Les quartiers généraux de l’Église, par exemple, le Vatican, les quartiers généraux de Google, et les bureaux d’un Grand Journal sont d’apparence bien différente. C’est que ces apparences constituent la couleur du fruit, et que la chaire de cette réalité est invisible. C’est pourquoi il est difficile de communiquer et de décrire les caractères communs de ces réalités.

Les médias traditionnels, les nouveaux médias et la religion sont essentiellement de la même espèce, comme une pomme qui peut prendre différentes couleurs, différentes saveurs.

L’idéologie dominante camouflée

Les grands médias ont actuellement un immense pouvoir sur les esprits. Imaginez que sur tous les panneaux publicitaires soient affichés l’image d’un dictateur suprême auréolé de lumière, avec inscrit en dessous: Gloire éternelle a notre suprême leader! Et que sur les écrans de nos ordinateurs et de nos téléphones défilent des publicités intempestives, affichant constamment les exploits de notre suprême leader et de notre grand régime! Ce serait la révolte. Les gens s’insurgeraient contre une telle dictature, dans ce cas l’idéologie dictatoriale.

Et pourtant, les publicités nous bombardent de l’idéologie dominante de la surconsommation, jouent avec nos peurs et nos désirs inconscients pour manipuler nos comportements d’achat, sans compter les médias traditionnels et les nouveaux médias sociaux qui avec plus ou moins de subtilité manipulent l’opinion pour servir les intérêts privés qui les financent.

Si les religions faisaient et défaisaient les rois, les médias font et défont les hommes et femmes politiques à loisir.

Si le suprême leader a un seul visage, nos publicités et nos médias ont des milliers de visages, et pourtant, cette fragmentation apparente reflète une même pensée dominante. Et je ne critique pas le concept de pensée dominante. Il est parfaitement légitime d’avoir une pensée dominante. Ce qui importe, c’est sa finalité, son but…

Parce que l’idéologie de la consommation a de multiples visages, elle donne l’impression d’être moins dominatrice. La domination spirituelle, culturelle n’est pas personnifiée par un seul individu.

Parce que la pomme n’est pas rouge, parce qu’elle est multicolore, elle semble inoffensive, et même merveilleuse.

Le pouvoir de l’attention est comme un homme qui change constamment de forme. Au cours des millénaires, il a changé de masques et de costumes. Il a été tour à tour cruel et bon. On pense s’être débarasser de lui (en s’étant débarrassé de la religion), mais il revient toujours avec une apparence différente. C’est un thème récurrent des films fantastiques et de grands jeux vidéo, comme Zelda.

L’erreur est de vouloir se débarrasser de lui. C’est impossible. Le pouvoir médiatique est une dynamique essentielle, intimement reliée au pouvoir économique et étatique. Il faut le dénuder. L’observer sous ses vêtements, pour le comprendre. Peut-être que si on apprend à le comprendre, on pourra faire de sa puissance notre alliée, de sa nudité sa force. Peut-être que nous pouvons améliorer cet homme, ce géant médiatique, afin qu’il aligne les esprits, les désirs, et les peurs (car tel est son pouvoir), avec l’impératif de vivre en harmonie avec la nature que nous habitons et avec la nature qui nous habite.

Apprivoisons cet homme, apprivoisons cette pomme. Voyons comment sous les pelures colorées, les mêmes processus sont toujours a l’oeuvre.

Pour ce faire, nous comparerons brièvement deux grandes campagnes militaires, l’une au Moyen- Âge, le Saint-Graal, et celle, contemporaine, de la ‘’libération’’ des peuples du Moyen-Orient, et nous verrons quels roles ont joué les médias et la religion dans ces grands événements historiques. Nous verrons que sous la pelure, la chair a toujours le même goût.

Une peur bleue des pommes rouges

Mais avant, une petite digression essentielle.

Cette façon superficielle d’apprivoiser la réalité est notre plus grande faiblesse. Je prends un exemple qui nous parle particulièrement au Québec. Dans les années 60, la religion avait beaucoup de pouvoir, elle tirait les ficelles du politique. Et il y a eu corruption, et abus, et financiers, et spirituels, par la poigne trop ferme de l’Église sur les esprits et les bourses des politiciens. Le peuple en a eu assez. Révolution! On tasse la religion de là. On est libre! Hourra! Bon débarras! Vive la laïcité de l’État!

Imaginons que la religion était une pomme rouge. Cette pomme nous a collectivement fait souffrir. On a donc une peur bleue des pommes rouges. Tout ce qui ressemble à une pomme rouge, on va le lancer par la fenêtre. Le port du voile? Pomme rouge. Une mosquée? Pomme rouge. C’est normal, il s’agit du conditionnement classique.

Seulement, la manipulation des désirs et des peurs (et donc des comportements) par l’information a tout simplement changé de main. De l’Église aux agences marketing et aux grands et nouveaux médias. La messe est devenue le bulletin télé, les curés ont troqué leurs soutanes pour les habits des journalistes, des spécialistes en communication, et des ‘’experts’’. Le pouvoir d’influence est passé de la chaire des églises aux écrans.

À la place d’une pomme rouge, nous avons maintenant une pomme verte, et l’histoire se répète, avec une couleur et un goût légèrement différents… Mais le grand danger est là: on ne se méfie pas des pommes vertes, parce qu’on a associé le problème aux pommes rouges.

Le Saint-Graal et La Sainte Démocratie

Au Moyen-Âge, il était dans l’intérêt économique de l’occident de posséder un territoire stratégique au Moyen-Orient. L’occident chrétien voulait en quelque sorte élargir son marché et vaincre son principal compétiteur (les musulmans). Les musulmans avaient élargi leur sphère d’influence, et jouaient le rôle d’entremetteur entre les deux grands marchés des biens orientaux et occidentaux. Le Moyen-Orient est une zone essuyant de nombreux conflits, car l’entremetteur qui possède ce passage stratégique peut prélever davantage de taxes, et ainsi accumuler plus de richesses et de pouvoir.

Donc, au Moyen-Âge, les Européens chrétiens étaient motivés économiquement à prendre possession de la Terre Sainte, zone clé des échanges économiques internationaux. Essentiellement, les agents économiques occidentaux ne souhaitaient plus perdre leur profit aux mains de la taxation des entremetteurs musulmans.

Et c’est là que le pouvoir spirituel entre en jeu. Il fallait motiver les esprits, le peuple, à cette Guerre ”Sainte”. Il fallait ficeler un récit qui pourrait tirer sur les ficelles des peurs et des désirs du peuple, afin d’obtenir le résultat désiré : posséder le territoire stratégique de Jérusalem. Ce récit disait essentiellement qu’il fallait libérer la Terre Sainte, tombée aux mains des païens, qu’il fallait reprendre le tombeau du Christ, et ainsi faire régner la lumière de la religion chrétienne, seule source de salut. Et pour cela, toute violence était justifiée. Investis d’une mission transcendante, les croisés se ruèrent au Moyen-Orient, enfonçant leur foi et leur amour chrétien à coups de lances et d’épées dans la gorge des musulmans.

La religion a donc construit un récit visant à expliquer, à justifier, à donner un sens aux conquêtes du Moyen-Orient. C’est une vision très sommaire, mais en gros, ce sont les principales dynamiques en jeu.

Les croisades contemporaines

De nos jours, il est toujours dans l’intérêt économique de l’occident de posséder un territoire stratégique au Moyen-Orient, zone clé des échanges économiques internationaux. Essentiellement, les agents économiques occidentaux ne souhaitent pas perdre leur profit aux mains de la taxation des entremetteurs moyen-orientaux.

Et c’est là que le pouvoir médiatique entre en jeu. Il faut motiver les esprits, le peuple, à cette guerre, qualifiée de processus de paix.

En effet, on parle de ”pacification dans la région”.

Il faut ficeler un récit qui puisse tirer sur les ficelles des peurs et des désirs du peuple, afin d’obtenir le résultat désiré : posséder des territoires stratégiques au Moyen-Orient. Seulement, aujourd’hui, ce n’est pas l’amour du christ et la lumière du Dieu tout puissant que les Occidentaux viennent répandre sur la terre (non sans quelques gouttes, que dis-je, sans quelques rivières de sang…), mais, c’est la démocratie et la lumière de la liberté. Et pour cela, toute violence est justifiée. Investies d’une mission transcendante, les armées occidentales se ruent au Moyen-Orient, enfonçant leur démocratie et leur liberté à coups de bombes et de grenades dans la gorge des Orientaux.

Aujourd’hui, ce ne sont pas les religions qui construisent et gardent ce récit en vie, mais les médias. Ce récit, rappelons-le, vise à expliquer, à justifier, à donner un sens aux conquêtes du Moyen- Orient.

Presque tout le monde sait bien que la véritable motivation des guerres au Moyen-Orient est pour le contrôle de l’approvisionnement du pétrole ou quelque raison géopolitique, mais le discours ambiant, celui dansant dans le miroir déformé des médias, est le discours de la libération des pauvres peuples soumis, vivant dans l’ombre de terribles régimes dictatoriaux, pas encore éclairés par le vif éclat de la Sainte démocratie.

Parfois, je me demande pourquoi les médias nous racontent de telles histoires, auxquelles nous ne croyons bien souvent qu’en surface. Bien sûr, c’est pour obtenir notre consentement. Qu’il soit tacite ou viscéral, c’est le consentement qui importe.

À l’époque médiévale, le récit religieux devait éveiller beaucoup d’ardeur chez la population, puisque les armées étaient principalement constituées d’hommes. Aujourd’hui, puisque les armées sont moins des armées d’hommes mais plus des armées d’armes de destruction massive, de drône et de robots, il n’est plus nécessaire d’éveiller une telle ardeur chez une grande partie de la population. Un récit crédible qui suscite l’acquiescement passif fait amplement le travail.

Le Cercle des Intelligents

La Ligne des Cons

Une ligne est tracée dans les esprits. Une ligne est cultivée, jour après jour par les médias. Cette ligne est un mur. Cette ligne est une prison. Cette ligne divise pour mieux régner. Elle imprègne tout, elle règne sur tout, elle pervertit tout. Et peut-être en êtes-vous la victime. Heureusement, on peut s’en libérer une fois pour toutes, en deux minutes.

Cette ligne, c’est le spectre politique gauche-droite.

(Tableau, spectre gauche droite)

Cette grille d’analyse de la politique est tellement ancrée dans les esprits que tous les journalistes, peu importe leurs opinions politiques, l’utilisent pour lire, comprendre, et expliquer la réalité.

Voyez-vous, selon cette grille, le spectre politique est comme une ligne très plate, extrêmement plate. À une extrémité, il y a l’extrême droite, et à l’autre, l’extrême gauche. Et au centre, on retrouve la très sainte position des médias ultrapatronaux, ou le ”juste” milieu.

Il est très judicieux de s’ériger en tant que centre, parce que l’équilibre, ou le juste milieu, est un gage de sagesse. C’est un piège quasi inextricable pour l’esprit. Les grands médias s’érigent en bastillon du bon sens et de la raison, alors qu’ils sont plutôt le postillon du non-sens et de la déraison. Seulement, ils n’occupent le centre que parce qu’ils définissent les extrêmes.

Je vous propose de vous libérer de cette prison mentale qui divise les forces antisystèmes. Parce que souvent, les groupes d’extrême gauche et d’extrême droite ont des revendications identiques, même s’ils divergent radicalement sur certains points.

À titre d’exemple, êtes vous capable de déterminer ci ce texte a été rédigé par un groupe d’extrême gauche ou d’extrême droite?

X lutte contre le mondialisme nivelant et ses valets (banque, parti politique, lobbies, haute finance…) qui rêvent d’une planète marché mondial peuplé de consommateurs déracinés. (…) Pour le retour des liens communautaires de solidarités. Pour une réelle justice sociale! (…) Nous ne sommes pas les nostalgiques d’un soi-disant passé utopique qui en réalité portait en lui les germes de la dégénérescence actuelle.

Alors, ce texte, de gauche ou de droite?

La réponse se trouve en bas de l’article.

Et maintenant, libérons notre esprit.

Le Cercle des Intelligents

Je n’aime pas voir la vie comme une ligne. J’aime voir la vie comme un cercle. Si on courbe un fil et qu’on joint les deux bouts, ça forme un cercle. On change alors de dimension. On passe de la première à la deuxième dimension. Rien ne change, à part le regard.

Ici, voyez-vous, se situent les groupes médiatiques ultrapatronaux, ou prosystèmes. Et ici, à l’autre extrême, se joignent les deux bouts de notre ligne de tout à l’heure, l’extrême gauche, et l’extrême droite, ou les groupes antisystèmes.

Quand on change de dimension, on voit maintenant que les grands médias prosystèmes sont extrémistes, tout autant que les groupes d’extrême gauche et d’extrême droite. Et le juste milieu ne se trouve pas dans leurs mains, pas plus qu’il n’est dans les mains des groupes extrémistes.

Il se trouve ici, au centre, dans un espace de discussion libre et démocratique à créer, dans une écoute réciproque, qui, j’en suis convaincu, peut changer le système, peut changer le monde. Ce centre, personne ne l’occupait, jusqu’à maintenant…

Je suis convaincu que c’est par un métissage de la pensée et des forces pro et antisystème que l’amélioration de la société est possible.

De la division à l’union

En ce moment, les groupes médiatiques prosystèmes sont relativement unis dans leur message, tandis que les groupes antisystèmes sont divisés.

Et les groupes prosystème maintiennent cette division, la nourrissent quotidiennement (en mettant l’accent sur des thèmes secondaires comme l’immigration ou le transgenrisme, par exemple). Ainsi, le pouvoir se retrouve entre leurs mains, et les groupes qualifiés d’extrémistes se retrouvent avec des miettes, leurs énergies perdues à se battre sur leurs différences plutôt qu’à s’unir sur leurs ressemblances (comme recréer des solidarités, repenser l’économie, la justice sociale). Et pendant ce temps, les groupes médiatiques prosystèmes font des blagues sur l’extrême gauche et sur l’extrême droite et rient.

Si vous voulez passer de la ligne qui divise au cercle qui unit, si vous préférez l’intelligence à la connerie, vous êtes au bon endroit.


Réponse: Il s’agit des revendications du groupe qualifié d’extrême droite Atalante Québec. Vous pouvez trouver le texte complet à cette adresse: http://www.atalantequebec.com/

Médias: Premier pouvoir

Traditionnellement, le pouvoir médiatique est considéré comme étant le quatrième pouvoir, un contre-pouvoir qui tiendrait à l’affût les trois pouvoirs traditionnels de l’État démocratique: les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. C’est ce qu’on enseigne dans les cours de journalisme. Mais force est de constater que cette conception, pour l’instant dominante, est erronée.

La théorie traditionnelle de la séparation des pouvoirs

Les trois étapes sont nommées ‘’pouvoirs’’, mais elles ne constituent pas des pouvoirs à proprement parler. Il s’agit plutôt d’organes distincts, chacun étant spécialisé dans une étape du processus du pouvoir.

1. Législatif, Exécutif, Judiciaire

Je prends une décision (législatif), j’exécute une action (exécutif), et je m’assure qu’elle soit appliquée (judiciaire).

Pour Montesquieu, l’étape judiciaire est une subdivision de l’étape exécutive, et j’abonde en ce sens. En effet, c’est une partie de l’exécution de s’assurer que les lois soient exécutées, et d’exercer la justice en conséquence. Il est bien que l’étape judiciaire soit conceptuellement séparée de l’étape exécutive, mais elle en fait partie. Donc, dans les faits, nos systèmes démocratiques sont structurés selon deux étapes fondamentales.

2. Législatif et Exécutif Je prends une décision, et j’agis en conséquence.

Toutefois, il manque un élément qui est de la plus haute importance, et qui ne fait pour l’instant pas partie du processus officiel du pouvoir. Il s’agit de l’étape informative.

La théorie du processus du pouvoir

3. Informatif, Décisionnel (anciennement législatif), Exécutif. Je recueille des informations. Je prends une décision. J’exécute une action.

L’étape informative n’a pas été prise en compte par Locke et Montesquieu lors de l’élaboration de la théorie de la division des pouvoirs qui constitue les fondements de nos démocraties.

Ces penseurs du XVIIe siècle n’avaient pas en tête une démocratie au suffrage universel telle que nous la connaissons aujourd’hui (et l’extrême importance du rôle des médias de masse qu’elle implique). Ils imaginaient plutôt une démocratie avec quelques représentants du peuple, où siégeraient aristocrates, grands propriétaires et royauté. Il est donc naturel que l’aspect informatif du processus du pouvoir ait été négligé.

L’incohérence de notre système démocratique

Afin que les décisions de l’État servent l’intérêt général de la population, les députés sont élus au suffrage universel par la population. L’étape décisionnelle est démocratique.

Le problème fondamental de notre démocratie est que l’étape informative, à la base de tout le processus du pouvoir, n’est pas exercée par des agents démocratiques.

Le processus du pouvoir que nous décrivons est déjà à l’œuvre. Les élus prennent leurs décisions selon les informations qui sont mises à leur disposition. Mais les informations sont le reflet du réel, sur un miroir qui peut facilement être déformé pour influencer les décisions et servir les intérêts économiques particuliers de ceux qui financent et possèdent les médias.

En déformant légèrement (ou affreusement) la réalité, les médias peuvent influencer les décisions des électeurs, qui éliront le gouvernement qui sert le mieux les intérêts des gens qui financent et possèdent les médias. Par la suite, les médias peuvent influencer les décisions des élus, en mettant de l’avant certaines informations, en gardant le silence sur certaines, et en déformant des réalités. Dans cette optique,

Les médias ne constituent pas un contre-pouvoir, mais sont à la base de tous les processus de pouvoir.

Ils constituent l’Entremetteur de l’information par excellence. Le plus grand pouvoir est invisible, il est l’Esprit des lois.

Le pouvoir décisionnel peut être comparé aux voiles d’un navire, et le pouvoir informatif au souffle invisible du vent. Bien sûr, dans nos démocraties, les décisions sont prises librement, démocratiquement. Mais les chances sont très élevées d’ajuster les voiles selon la direction du vent.

L’attention étant une ressource limitée (les revenus des grands entremetteurs de l’attention comme Google et Facebook l’attestant), les médias doivent déterminer quels sont les faits qu’ils mettront de l’avant, et quels sont les faits à ignorer, selon le critère de l’intérêt public.

Toutefois,

Il est quelque peu risqué de définir ce qui est d’intérêt public, lorsqu’on est financé par des intérêts privés.

Attention, n’allez pas croire que je fais l’apologie des médias publics, qui servent (en partie) les intérêts de l’État, ou encore, que je démonise les intérêts privés.

Les intérêts privés et les intérêts publics ne sont pas toujours mutuellement exclusifs. S’ils peuvent être perpendiculaires (conflit d’intérêts), ils peuvent aussi être parallèles (harmonie des intérêts): et là est tout l’art, toute l’essence du modèle d’affaire du Primidi.

L’objectif que je veux atteindre, c’est d’accorder les intérêts privés à l’intérêt public, les intérêts particuliers au bien commun.

Il est donc essentiel, afin d’atteindre cet objectif et ainsi vivre dans une démocratie fonctionnelle, que les organisations qui sont à la base du processus décisionnel soient elles aussi démocratiques.

Heureusement, pour démocratiser les médias, il n’est pas nécessaire de modifier la constitution de l’État.

Il suffit tout simplement de démocratiser les grands médias selon le modèle de démocratie multipartite. Si les médias servent l’intérêt général, ils pourront collaborer – tout en étant un organe distinct – au sain processus démocratique.

Pour y arriver, j’envisage deux trajectoires possibles.

Deux approches

  1. L’approche de ‘’conversion’’ J’encourage la mise en œuvre d’un processus de démocratisation des grands médias traditionnels existants selon le modèle de la démocratie multipartite des compagnies.

  2. L’approche ‘’jeune pousse’’ Créer un nouveau média dont la démocratisation multipartite anticipée fait partie de sa constitution. Le Primidi est l’incarnation de cette seconde approche.

Il est possible et souhaitable que les grandes institutions médiatiques actuelles se démocratisent, et nous encourageons de tout cœur tout pas en ce sens. Tout comme il est possible et souhaitable qu’une jeune pousse comme Le Primidi donne forme à un certain idéal médiatique et démocratique.

Les uns seront naturellement attirés vers l’une ou l’autre des approches, et ils sont incités à suivre leur inclination.

Si le pouvoir vous intéresse, j’ai écrit 3 textes qui clarifient cette notion fourre-tout, floue et souvent mal utilisée. Parce que pour changer le monde, ça prend du pouvoir, et que pour avoir du pouvoir, il faut le comprendre.


Lien vers les trois textes La Triforce La Clarté du pouvoir Média=Religion

La Triforce

La Triforce

3 grandes forces gouvernent le monde des hommes.

Il s’agit des forces économique, étatique et médiatique.

Le capital de la force économique est l’argent.

Le capital de la force étatique est la coercition.

Le capital de la force médiatique est l’attention.

![La Triforce-page001](/home/cedryck/Desktop/Écriture/Corpus Primidi/Images-Tableaux/La Triforce-page001.png)

Type Institutions Outils
Capital coercitif Armée, Police, Système de justice, Gouvernement, Crime organisé Armes, privation de libertés, séquestration
Capital financier Banques, Fonds d’investissement, Grandes compagnies Argent et actifs physiques
Capital attentionnel Médias sociaux, Médias traditionnels, Compagnies d’affichage publicitaire Imprimerie, Lieux d’affichage, Internet

Les trois couleurs primaires : à chaque force sa couleur

Le rouge de la force coercitive évoque la force et la violence: le sang, le pouvoir de destruction, qui, comme le feu, bien canalisé, peut servir le bien.

Le vert de la force financière évoque la vigueur printanière, la croissance d’une verte forêt, le pouvoir de construction.

Le bleu de la force attentionnelle évoque la conscience collective vaste comme l’étendue du ciel: l’espace de réflexion sans lequel rien ne serait possible.

Le système solaire

Les sphères de la Triforce ne sont pas toujours de taille et d’influence égale. Au fil de l’histoire, une sphère acquiert plus de masse, comme un soleil, et les deux autres sphères gravitent autour d’elles.

On peut visualiser cette réalité avec le système soleil-terre-lune.

En ce moment, le soleil est la force économique, autour de laquelle gravite la force médiatique, autour de laquelle gravite la force étatique.

Ce que je veux faire, avec Le Primidi, c’est de faire grossir la sphère médiatique et en faire un soleil, afin que les sphères économiques et étatiques gravitent autour, de masse égale.

La force attentionnelle doit orienter toutes les autres décisions, toutes les autres forces. Après tout, l’attention est à la base de tout processus décisionnel et comportemental.

(À concevoir, #tableau)

Les nuances infinies

La Triforce est un modèle conceptuel pour mieux appréhender le monde. Mais ce dernier est beaucoup plus insaisissable, complexe et chaotique que ce schéma, les cercles bougeant dans tous les sens, créant une infinité de couleurs et de nuances…

![Additive_RGB_Circles-48bpp](/home/cedryck/Desktop/Écriture/Corpus Primidi/Images-Tableaux/Additive_RGB_Circles-48bpp.png)

Pour les curieux, il existe en physique le problème des trois corps , qui n’est pas sans rappeler les grandes dynamiques en jeu dans nos sociétés.

Le problème des trois corps

Lorsque trois corps s’influencent mutuellement dans un système, il est impossible pour les physiciens de prévoir leurs déplacements. C’est un système chaotique, imprévisible, où le jeu des influences mutuelles amène des combinaisons infinies.

FAQ

Qui va écrire au Primidi?

Au début, Le Primidi recueillera des textes écrits par des blogueurs, penseurs du web, traduisant en français lorsque nécessaire, et il proposera des textes maisons, écrits par des bénévoles intelligents et talentueux.

Comment proposer un texte au Primidi?

Vois si tu te sens des atomes crochus avec notre idéologie et notre ligne éditoriale, puis écris moi: cedrycklessard@leprimidi.ca

Les auteurs sont-ils rémunérés?

Au début, non. Lorsque nous récolterons les fruits de notre modèle d’affaire, les auteurs externes et internes seront rémunérés.

Tableaux idéologiques

Tableau idéologique générale

Thème Statu quo Le Primidi
Le rapport au temps Immédiat. Ce qui s’est passé aujourd’hui ou la semaine prochaine est de la plus haute importance. Long terme. Ce qui s’est passé il y a des millénaires, ou ce qui se passera dans 25, 100, 1000 ans est de la plus haute importance.
Le rapport à la technologie Techno-utopiste: La technologie va nous sauver. Techno-réaliste: Si les fondations ne sont pas solides, la tour la plus grandiose finira par s’écrouler.
La nature humaine L’être humain est mauvais lorsqu’il suit sa nature. Il faut sans cesse le tenir à l’affût. L’être humain est bon lorsqu’il suit sa nature.
La responsabilité La responsabilité individuelle est plus importante. Les individus sont responsables de leurs mauvaises actions. La responsabilité collective est plus importante. Les systèmes et le contexte sont responsables des mauvaises actions des hommes.
Le travail Plus les gens travaillent, mieux c’est. Moins les gens travaillent, mieux c’est.
La volonté Avec de la volonté, tout est possible. Avec beaucoup de réflexion et un système bien pensé, tout est possible.
La consommation La consommation doit augmenter. La consommation ne doit pas augmenter.
La relation avec politiciens Chiens de garde à l’attaque Amis compréhensifs mais exigeants
Le Pouvoir des médias Les médias constituent le quatrième pouvoir Les médias constituent le Premier pouvoir.
Les modèles inspirants Les individus, jeunes de préférences, qui ont une performance extraordinaire, sont un modèle de succès. Ex: Mylène Paquette (Traversée de l’Océan en Kayak), Léonard de Vinci Les individus, matures de préférence, qui servent leur communauté au meilleur de leurs capacités sont un modèle de succès. Ex: Joanne Liu, Présidente de Médecins sans frontières (risquer sa vie pour lutter contre l’Ebola), Chloé Sainte-Marie (Maisons pour les aidants naturels).

P-S Écrivez-moi si d’autres concepts pertinents vous viennent en tête: cedrycklessard@leprimidi.ca


Lien vers le tableau politique

Tableaux idéologiques politiques

Le Scooop de l’heure est une virgule dans le grand livre de l’histoire.

La relation avec les politiciens

Aspect Les journalistes du statu quo Les médiateurs du Primidi
Type de relation Les journalistes se qualifient eux-mêmes de chiens de garde de la démocratie et les politiciens gardent leur distance. Il ne peut y avoir de relation réellement saine dans ce contexte. C’est comme si votre ami vous rappelait sans cesse vos erreurs, vous critiquait pour la moindre petite erreur. Vous vous braqueriez et seriez compréhensiblement sur la défensive. Les médiateurs du Primidi se qualifient d’amis compréhensifs et exigeants: On peut dire à un ami qu’il s’est trompé. Mais pas obligé de taper dessus. Et il est tout aussi important de l’encourager, de l’écouter, et de célébrer ses bons coups.
Le type de renforcement Renforcement négatif Les journalistes critiquent sévèrement les mauvais coups en organisant des séances de lynchage public. Selon de nombreuses études en psychologie, le renforcement négatif n’est pas une approche qui favorise efficacement le changement des comportements. Renforcement positif Les médiateurs organisent des célébrations pour souligner les bons coups des politiciens. De nombreuses études démontrent que le renforcement positif est le moyen le plus efficace de changer des comportements. Exemple: Une initiative citoyenne aurait pu organiser une célébration pour remercier le premier ministre Lucien Bouchard et ses collaborateurs pour le financement et la construction de La Grande Bibliothèque Nationale.
Type de discussion L’approche fermée: les journalistes traditionnels jappent. Ils attaquent avec des questions assassines. En effet, bien trop souvent, les journalistes, bien préparés, assaillent leurs invités politiques d’une série de questions qui visent à tirer les vers du nez, à faire dire une chose en particulier. Et ensuite, ils se réjouissent tout fiers d’avoir fait trébucher leurs invités. L’approche ouverte : les médiateurs du Primidi ne jappent pas. Ils discutent. Ils écoutent. Ils n’essaient pas de faire trébucher leur invité, mais plutôt de le comprendre, lui, ainsi que le contexte dans lequel il se situe.
Action ou réaction? Les journalistes sont en mode réactif. Ils s’opposent et réagissent aux actions des politiciens. Les médiateurs sont en mode proactif. Ils proposent des solutions aux politiciens et agissent.
L’entrevue Les entrevues sont souvent de courte durée et superficielles. On s’attarde aux détails. Les questions traduisent une vision à court terme. Les entrevues sont longues et vont en profondeur. Un politicien peut parler longtemps sans être interrompu. On parle d’idées fondamentales. Les questions sont orientées sur une vision à long terme.
Les attentes morales Les politiciens doivent être irréprochables. Les politiciens font des erreurs, mais aussi des bons coups.
Vie privée Les actes individuels des politiciens sont importants. Si un journaliste fait la sieste dans sa voiture de fonction [lien](Article Journal de Montréal), s’il a payé en retard des contraventions, s’il a fait un excès de vitesse, ou s’il était saoul en revenant d’un congrès le samedi soir… Tout cela revêt beaucoup d’importance. – En bref, l’idée, le projet politique, n’est pas importante, l’individu l’est. Les actions politiques des politiciens sont importantes. – Les médiateurs ne parlent pas des faits et gestes de l’homme civil. Ses inconduites et imperfections personnelles ne les intéressent pas. – En bref, l’individu n’est pas important. L’idée, le projet politique, l’est.
Information Toute information est d’intérêt public. Toute information utile et pertinente est d’intérêt public.

Le politicien étatique, économique ou médiatique mérite respect et empathie. La conversation politique mérite intelligence, compréhension et vision à long terme.

Les compréhensions politiques

Aspects Les journalistes du statu quo Les médiateurs du Primidi
La définition de l’homme politique Le politicien est nécessairement un député élu ou un individu nommé par une institution démocratique. Le politicien est toute personne détenant le pouvoir de diriger une masse critique de capital financier, coercitif ou attentionnel dans une direction ou dans une autre. (Triforce) Selon cette définition, un journaliste, un influenceur, un député, un dirigeant d’entreprise sont des politiciens. Ils sont donc traités selon les mêmes critères et avec le même respect.
Le spectre politique Axe gauche-droite ou La ligne castrante La gauche et la droite sont les extrêmes d’une ligne dont l’establishment constitue le centre. Axe pro et antisystème. Les forces prosystème(establisment) et les forces antisystèmes (extrême gauche, extrême droite ) constituent les deux extrêmes du spectre politique. L’équilibre est au centre de ce spectre.
Le Pouvoir des politiciens Les politiciens ont le pouvoir de prendre n’importe quelle décision, quand bon leur semble. Les médiateurs comprennent que les politiciens ont un pouvoir limité et soumis à de multiples contraintes.
L’argent Une solution politique se chiffre. Plus on investit financièrement dans une solution, plus le problème se résorbe. Une solution politique se réfléchit. Il est possible et même souhaitable d’améliorer les choses tout en investissant moins. Par exemple, les problèmes fondamentaux de notre système d’éducation ne seront jamais réglés par l’argent.
Les lois Les lois sont comme des baguettes magiques qui règlent tous les problèmes. Les lois sont des murs friables, parfois nécessaires, souvent contournables. Le Primidi privilégie une approche systémique non-législative.

Le discours

Aspect Les journalistes du statu quo Les médiateurs du Primidi
Les Débats Les débats éclairent les citoyens dans leur prise de décision démocratique. Les débats n’éclairent pas les citoyens. Les discussions, oui.
La Campagne électorale Couvrent la campagne. Vont aux événements regarder les politiciens flipper des hamburgers, visiter des usines et prendre des enfants dans leurs bras. Les médiateurs ne couvrent pas la campagne électorale. Ils ne parlent ni de stratégie, ni de sondage. Durant la campagne, ils invitent tous les politiciens qui le désirent à parler de leurs projets et de leur vision dans des entrevues de fond. That’s it.
L’Angle d’analyse Parlent de politique en termes militaires, avec des mots comme combat, joute, course, adversaire, tactique, stratégie On parle de politique en termes coopératifs et constructifs, avec des mots comme idée, projet, coalition, vision d’avenir, valeurs, détermination.
Le Scoop Un bon journaliste est celui qui annonce la composition du conseil des ministres 24 heures avant l’annonce officielle du premier ministre. (Ça attire l’attention des lecteurs, très bon pour les revenus publicitaires) Un bon médiateu laisse le premier ministre faire son annonce. Il concentre ses énergies vers des activités plus fructueuses. Car il sait que le Scoop de l’heure est une virgule dans le grand livre de l’histoire.

En bref

Le politicien étatique, économique ou médiatique mérite respect et empathie. La conversation politique mérite intelligence, compréhension et vision à long terme.

La ligne éditoriale narrative

Il y a trois catégories principales d’articles publiés sur Le Primidi:

les articles artistiques, les articles d’actualité, les articles d’apprentissage.

Ils incarnent tous l’idéologie du Primidi.

Les articles artistiques ont pour principal objectif d’amener le lecteur en territoire esthétique inexploré.

Les articles d’apprentissage ont pour but de favoriser des compréhensions de concepts.

Les articles d’actualité ont pour but de dresser un portrait fidèle, le plus clair possible, de l’état du monde.

P.-S. I: Je rajoute une quatrième catégorie, absolument essentielle pour survivre en ce monde:

Les articles d’humour, qui ont pour but de favoriser un détachement émotionnel et une légèreté face aux problèmes de ce monde, légèreté essentielle pour demeurer sain d’esprit.

P.-S. II: Biensûr, les concepts sont séparés, mais les catégories sont en réalité fluides, même si l’une d’elles est souvent dominante. Ex.: un texte d’actualité avec une pointe d’humour, un article d’apprentissage artistique, une actualité qui éclaire un fait sous l’angle d’une concept fondamental, un trait d’humour qui éclaire une grande vérité…

Les articles artistiques

La popularité n’est pas un critère. La nouveauté n’est pas un critère. Le nombre de frissons est un critère (Pathos). L’intelligence est un critère (Logos).

Les articles d’apprentissage

La compréhension. Naturelle. Humaine. Politique. C’est tripatif, et même jouissif.

Un texte d’apprentissage doit correspondre à un, ou plusieurs des critères suivants.

  • Il suscite l’émerveillement et la joie de comprendre.
  • Il porte des compréhensions qui aident à mieux vivre sa vie, individuelle et sociale.
  • Il offre des concepts simples, bien articulés, pour favoriser la compréhension objective du fonctionnement du monde dans lequel on vit.

Les articles d’actualité

Des grandes agences de Presse, Tu te méfieras. (Outil de propagande)

  • Si tout le monde en parle, écoute mais ne parle pas. À moins que tu voies les choses sous un angle fondamental inédit.

  • Si tout le monde regarde dans une direction, demande-toi ce qu’il peut bien y avoir d’intéressant ailleurs. Est-ce une diversion? Dans bien des cas, oui. Alors quelle est cette chose tapie dans l’ombre à l’abri des regards?

  • Laisse les catastrophes, les incendies, les meurtres, les scandales aux autres médias. Laisse-leur ces nourritures putrides, anxiogènes et paralytiques. Toi, tu fais de la haute gastronomie démocratique. Toi, tu favorises l’action.

  • Tu ne veux pas être le premier à parler de quelque chose. Les scoops, c’est pour les faibles. Tu veux être le meilleur. Le plus intelligent. Le plus passionné. Si tu es le premier à parler de quelque chose, c’est tout simplement parce que tu as l’habitude de regarder ailleurs.

  • Place toujours une actualité en perspective et en relation. On peut penser à la perspective historique. Aux relations entre différents articles pertinents.

Les articles d’humour

La satire est jouissive, l’absurde est un baume pour le coeur, le rire une libération des tensions.

  • Ne caricatures jamais un individu. Une idée, un concept, une institution : oui. Attaquer les individus perpétue la croyance que ce sont les individus qui améliorent ou détruisent le monde. Alors qu’en réalité, ce sont les idées et les institutions qui les incarnent qui changent le monde.

  • Dans ton humour, sois intelligent, sois empathique, sois mordant et audacieux.

Ton et forme

Si le Pathos et le Logos, l’Émotion et la Raison sont d’une extrême importance, le style (Ethos), la manière, le ton, est l’incarnation d’une philosophie. Ce ton s’applique à tous les types d’articles.

Fuck la froideur objective

On peut à la fois analyser objectivement des faits et éprouver/communiquer des émotions.

  • Sois transparent. Sois subjectif. Sois toi. Il est hypocrite de dissimuler ses émotions, ses opinions, pour présenter uniquement les faits, car les opinions, les croyances préalables, orientent toujours l’écriture du texte et l’analyse de la réalité, malgré l’illusion d’objectivité. C’est l’intersubjectivité qui éclaire les lecteurs. Pourquoi as-tu choisi ce sujet en particulier? Pourquoi juges-tu que c’est important? Quels sentiments ça éveille en toi? N’aies pas peur d’en parler, si tu juges que c’est pertinent. *

  • Fuck le relativisme moral! La vérité existe. Le ciel est bleu. De telles vérités s’appliquent à la psychologie humaine, à la société, aux notions de bonheur et de souffrance. Ne sois pas l’un de ces autres moutons qui dit: tout le monde a droit à ses opinions, à ses vérités. Si tu utilises ta raison, il est fort probable que tu aies souvent raison, et que ceux qui ne l’utilisent pas aient souvent tort. Assume.

  • Fuck le politically correct. Ne pèse pas tes mots. Aucun sujet n’est tabou, tant que tu n’attaques pas des individus, mais des idées et des institutions, et que tu t’appuis sur la raison. Si certaines personnes n’ont pas la maturité émotionnelle nécessaire pour séparer leur identité de leurs idées, et se sentent heurtées par tes propos, ce n’est pas ta responsabilité.

La forme

  • Crée ton vocabulaire. Penses-y à deux fois avant d’utiliser un terme Un riche vocabulaire a été élaboré par les institutions en place pour manipuler la pensée. Les mots sont comparables à des frontières de pays . Les Européens ont tracé des frontières aléatoires et absurdes entre les pays africains, ces frontières étant sources de division, de conflits. C’est la même chose avec les mots, et les concepts. Voir Média=Religion Ou l’art de charcuter le réel. Par exemple, les adeptes de la décroissance se tirent dans le pied, car le mot décroissance n’a pas une connotation positive dans les esprits (nous préférons tous la croissance ). Leurs idées sont peut-être louables, mais leur vocabulaire, prisonnier du paradigme actuel, est comparable à un boulet. Peu importe la vigueur des ailes, on ne va nulle part avec un boulet. Libérez-vous des boulets mentaux! Des chaînes des vieux mots! Libérez-nous!

  • Sois bref. Sois clair. Sois profond. Utilise les mots les plus simples, les concepts les plus fondamentaux. Détruis toute phrase non-essentielle, toute source de confusion ou de complexité inutile. Une pépite d’or vaut plus qu’un tas de gravier.

Qu’attends-tu?

Laisse parler ton coeur et ta tête. Parle avec courage. Ne tombe pas dans le piège des mots. Utilise-les pour te libérer et libérer tes semblables.Le Premier Pouvoir est entre tes mains. Ce pouvoir, c’est le pouvoir de la pensée, c’est le pouvoir de la parole, c’est le pouvoir de la raison (un seul mot en grec: logos).

Au Primidi, en unissant nos voix, on peut changer les idées qui trottent dans les têtes des gens et surtout, des institutions dont ils font partie, et en changeant leurs idées, changer leurs comportements, et en changeant leurs comportements, changer la société, et en changeant la société, avoir le sentiment d’avoir fait quelque chose d’utile lors de notre bref passage sur Terre.

C’est le moment ou jamais (Voir le Manifeste). Si tu te reconnais. Si tu crois en toi et en tes idées, et que tu souhaites me partager quelque chose, n’hésite pas à m’écrire à cette adresse : cedrycklessard@leprimidi.ca

J’adore concocter des plans pour changer le monde, découvrir des personnes intéressantes et intelligentes. Je réponds à tous mes messages. Et je suis curieux de nature. Si tu vous m’écrivez, présentez-vous, dites-moi quels sont vos projets, vos visions, vos rêves. Ça m’intéresse:)

La Mission du Primidi

Au niveau individuel: Nourrir votre intelligence et éveiller en vous des émotions surprenantes.

Au niveau collectif : augmenter le niveau moyen de compréhension, de culture et d’optimisme afin d’améliorer fondamentalement la société québécoise.

Vous y retrouverez:

  • Des concepts libérateurs qui vous permettront de mieux comprendre le monde, et de mieux vous comprendre, vous.
  • Des œuvres éternelles et inédites (littérature, musique, etc) qui vous transporteront dans des territoires inexplorés.
  • Des actualités actives.

La ligne éditoriale du Primidi vise à favoriser la compréhension, l’optimisme et l’action. Elle implique un profond changement de paradigme.

Le Primidi n’est idéologiquement ni à gauche, ni à droite, ni au centre du spectre politique gauche-droite. Il se situe plutôt au centre du spectre politique prosystème et antisystème.

Notre modèle d’affaire de type média-propriétaire, sans publicité, sans abonnements ni donations, permet de servir le bien commun à grande échelle sans être l’outil de propagande des grandes corporations ou de l’État.

Cédryck Lessard (Signature à la main)

Rédacteur en chef et fondateur, Le Primidi

Des concepts libérateurs

Si vous aimez rester à la surface des choses, vous allez nous détester, parce que nous mettrons sans cesse de l’avant des compréhensions profondes, fondamentales – conditions de toute action efficace, de tout véritable changement, intérieur ou social.

À titre d’exemple:

La Triforce

Le Premier pouvoir

Le Cercle des Intelligents

Des œuvres éternelles et inédites

Nous mettons sans cesse de l’avant des œuvres qui ont passé le filtre du temps ainsi que des œuvres inédites qui se démarquent par leur profondeur, leur capacité à nous emmener plus loin, intérieurement, intellectuellement ou esthétiquement.

Les nouveautés du Primidi sont réellement nouvelles, contrairement aux ”nouveautés” de la culture populaire de basse qualité mises de l’avant par les médias publicitaires, qui constituent une vaine répétition du connu.

Ici, pas de culte de la pseudo-nouveauté, mais culte de la qualité.

Ceux qui aiment avancer vers l’inconnu seront comblés.

Des actualités actives

L’action efficace est l’antidote au cynisme.

Les actualités du Primidi montrent les possibles et nourrissent les intelligences. Car une bonne réflexion est essentielle à une action efficace.

Les actualités du Primidi ne constituent pas une liste de problèmes superficiels, de critiques et de scandales – d’autres médias ont développé une expertise dans ce domaine.

Pour en savoir plus sur la ligne éditoriale des actualités, c’est ici.